Avis : Mommy de Xavier DOLAN

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Avis : Mommy de Xavier DOLAN Mommy de Xavier DOLAN
Acteurs: Antoine-Olivier PILON, Anne DORVAL, Suzanne CLEMENT
Nationalité: Canadienne
Sortie le 08 octobre 2014
Durée: 2h18min
Genres: Drame
★★★★★
Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

Je ne voulais pas voir ce film. Non, vraiment pas.
Le résumé ne m'emballait pas plus que ça, et je dois dire que j'étais quelque peu effrayée par la façon dont le réalisateur allait aborder cette relation mère-fils. Et l'affiche aussi belle et simple soit-elle me montrait une façade d'un rapport que je ne souhaitais pas voir : celui incestueux entre une mère et un fils. Mais je n'ai pas eu le choix : ma prof' de scénario nous a demandé d'aller le voir pour la semaine prochaine, alors pas moyen d'y échapper.
Et franchement, merci. Merci parce que excusez-moi du langage, mais j'ai pris une putain de claque dans la gueule.
Le réalisateur, Xavier DOLAN, est connu, non seulement grâce à ses films, mais surtout, grâce à son « jeune » âge. Et oui, il n'est pas courant de rencontrer un réalisateur de seulement 25 ans avec une carrière pareil et des films atteignant une telle maturité.

J'y suis allée, pas à reculons quand même, mais sans en attendre vraiment grand chose ... J'étais pleine d'appréhensions concernant le film, et les cinq premières minutes n'ont pas été facile.
Le format 1:1 que DOLAN a choisi d'utiliser pour son film est au début très déstabilisant, car on n'y est plus habitué et j'ai eu la sensation de perdre des parties de l'image.
Ensuite, Xavier DOLAN mélange français, québécois et anglais dans ses dialogues, c'est donc assez étonnant et détonant aussi ! Mais petit à petit on s'y habitue et on n'y prête absolument plus attention.


La vie n'a pas fait de cadeau à Diana : veuve depuis trois ans, virée de son travail et son fils, Steve, est renvoyé de l'internat pour jeunes en difficulté. Elle se retrouve à devoir gérer tout ça et tente de donner le meilleur pour Steve. Mais il lui donne du fil à retordre et il ne semble pas conscient de la situation dans laquelle il s'est mis. Leur rencontre avec leur timide voisine d'en face va leur permettre de pouvoir apprendre à revivre normalement et à apprécier chaque moment ensemble.

Les premiers mots qui me viennent à l'esprit quand je dois caractériser Diana sont loufoque, déjantée, vulgaire mais absolument dévouée à son fils. Elle ne ressemble pas vraiment à une mère et ses interactions avec son fils ne sont pas vraiment celles d'un parent avec son enfant. Néanmoins, on ressent tout l'amour qu'elle lui porte et tente tout pour régler les problèmes créés par Steve. Mais à côté de son rôle de mère, elle reste une femme, une femme perdue, triste et très forte qui fait face à des situations difficiles.

Steve est un adolescent violent et très perturbé. On ne sait jamais ce qu'il va faire ou comment il va réagir, on s'attend toujours au pire et il peut être quelque peu effrayant également. Mais c'est un gamin attachant, il est sans repère et ne sait pas totalement ce qui est bien ou non. L'amour quelque peu maladroit qu'il porte à sa mère est attendrissant, mais aussi très spécial, on s'attend à chaque instant à un « dérapement ». Comme je l'ai dit plus haut, j'avais peur que la relation mère-fils tourne à l'inceste, mais heureusement, ce n'est pas le cas, où du moins les moments un peu ambigus sont abordés d'une telle façon que c'en n'est absolument pas dérangeant.

J'ai trouvé le personnage de Kyla vraiment très bizarre au départ, elle me mettait mal à l'aise. Mais au fur et à mesure, comme pour les autres personnages, je m'y suis attachée, et surtout on apprend à la connaître. Depuis deux années, après un événement brutal non-précisé, Kyla a de sérieux problèmes pour s'exprimer, non seulement avec des inconnus mais aussi avec sa propre famille. Elle se replie petit à petit chez elle et ne sort plus. Sa rencontre avec Diane et Steve est une véritable bouffée d'air frais pour elle, elle va construire une relation avec eux qui va les aider tous les trois. Je me suis sentie triste pour cette femme car sa famille ne semble pas se préoccuper d'elle.

J'ai eu un énorme coup de cœur pour les acteurs qui sont absolument extraordinaires et grandioses. La prestation d'Anne DORVAL que je ne connaissais pas m'a complètement bluffée !

La séquence où Die pense à tout ce qu’elle avait/ aurait désiré pour son fils est absolument … somptueuse, et encore je crois que le mot n'est pas assez fort. Il en ressort un tel désir d’espoir, de vie et d’amour que c’en est bouleversant. J’ai pleuré … parce que cette séquence transmet un message fort, beau et extraordinaire, comme le film en général en fait. Rien que d’y penser et de réécouter la chanson de ce passage j’ai de nouveau les larmes aux yeux, c’est pour vous dire.
Il y a deux autres scènes marquantes et magnifiques : la première, celle où nos trois personnages se mettent à danser et chanter ensemble dans la cuisine, sur On ne change pas de Céline Dion. Le choix de la musique est très surprenant, mais étonnement, elle colle parfaitement. En l’écoutant plus attentivement, on se rend compte à quel point les paroles correspondent au message que le film nous transmet.
Et la seconde est celle où Steven roule sur la route avec son caddie rempli et est suivi par les deux femmes en vélo et hilares. La scène, plus la musique et les ralentis en font un passage absolument délirant.

Je pense, oui car ce qui va suivre ne sont que de simples suppositions et ressentis personnels, que le format 4:3 utilisé est là pour montrer que les personnages sont enfermés dans leur vie, leurs ennuis, leur quotidien. Et lorsqu'à plusieurs reprises, DOLAN arrive très habilement à étendre le cadre, c’est souvent lors de moments où nos personnages semblent libérés de tout et qu’ensemble, ils profitent à fond du moment présent.

La BO du film est absolument géniale et colle parfaitement avec les images que DOLAN nous montre. Pour ceux qui souhaitent l'écouter allez ici, vous allez voir (enfin entendre plutôt) elle est cool !


Mommy est l'un de ces rares films qui vous marquent et pour lesquels vous avez besoin d'y repenser à tête reposée pour vraiment réaliser ce que vous venez de voir.
Enfin vous l'aurez compris ce film est un coup de cœur pour moi et surtout une très belle surprise ! Si j'ai l'opportunité je pense que je retournerais le voir. Et je vais également me regarder les autres films de DOLAN.


✎ par Llyx

1 commentaire:

  1. Ta chronique est si juste que je ne trouve rien à redire ! J'ai beaucoup aimé aussi ce film. Très surprise également par le format au début, mais on entre vite dans l'intimité de cette famille grâce à ces plans très serrés.
    Étonnant et intense !

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